Eh oui, la critique fait le bonheur de votre entreprise !

Eh oui, la critique fait le bonheur de votre entreprise !

Au best-seller « J’arrête de râler », de Christine Lewicki paru en 2011, je vous avoue nettement préférer « Les râleurs sont les meilleurs », d’Annie Kahn. Quelle n’a d’ailleurs pas été ma surprise, de découvrir cet ouvrage quelques mois après la sortie de mon Eloge de la critique et des jeux de pouvoir en entreprise ! La lecture de ce titre m’a fait supposer qu’enfin, quelqu’un reconnaissait, données scientifiques à l’appui, que le bouillonnement de railleries, critiques et autres méchancetés pouvait faire le bonheur de l’entreprise. Au risque de bousculer les idées reçues et de m’inscrire à contre-courant des discours managériaux lénifiants, c’est exactement la conviction que je défends. Pourquoi cela ?

Petit un, vous remarquerez que les râleurs sont souvent des collaborateurs impliqués dans leur travail, qui se préoccupent de la vie de leur entreprise. Insatisfaits chroniques, une espèce de dynamique étrange les fait avancer : celle de chercher, au fond, à se dépasser (quitte parfois à marcher sur le voisin !) pour faire avancer l’organisation. Une sorte d’émulation collective, en quelque sorte. En la matière, on évitera donc de se fier aux apparences : le collaborateur aux sourcils froncés n’est pas forcément celui dont l’unique objectif consiste à venir gripper le système.

Petit deux, l’esprit critique vient du latin criticus et du grec ancien kriticos, signifiant « capable de discernement, de jugement ». Sans entrer dans de vastes considérations philosophiques, nous pouvons affirmer que l’esprit critique s’appuie sur un travail rationnel de questionnement, d’appréciation des faits et de remise en question de ce qui est communément admis. Ceux que vous jugez comme des empêcheurs de tourner en rond font souvent avancer les choses.

Petit trois, à l’heure où il est demandé aux salariés de penser out of the box, c’est-à-dire oser dévier du sentier étroit dans lequel ils sont pourtant invités à rester, il fait bon adopter des solutions innovantes, des modes de fonctionnement et des comportements qui sortent du cadre. Et pour cela, rien de tel que de bousculer les lignes de conduite existantes en mettant son esprit critique à l’épreuve. Dès lors que ce dernier sert votre entreprise, personne ne vous reprochera de ne pas tout à fait entrer dans le moule. Alors, osez !